Histoire

Le 28 mars 1985, un hold-up a eu lieu au siège social de la "Middle East Diamond Company" situé dans le quartier Bourj Hammoud de la capitale libanaise Beyrouth. Les criminels ont abattu de sang-froid les cinq personnes présentes dans la boutique et se sont emparés de bijoux d'une valeur estimée à 20 millions de livres libanaises. Les victimes étaient le principal actionnaire et directeur général de "Middle East Diamond Company" Hrant Kurkdjian et ses quatre employés, Hani Zammar, Maria Hanna Mikhayel, Khatoun Tekeyan et Avedik Boyadjian.

La police a découvert les cinq corps gisant dans une mare de sang. Le crime a profondément ébranlé la société libanaise ; les médias l'ont appelé "le massacre de Bourj Hammoud".

Il était considéré comme "le crime le plus sanglant et le plus grave de l'histoire criminelle libanaise".

Quinze jours après le crime, la police a arrêté deux personnes : Raffi Assadour Nahabedian (25 ans) et Panos Assadour Nahabedian (27 ans). Le butin a été retrouvé caché dans l'appartement de Raffi Assadour Nahabedian : 3172 grammes d'or 18 carats, 495 grammes de diamants (2400 carats), 3244 dollars américains et des pierres précieuses d'une valeur de 700 000 dollars américains. La valeur des biens volés a été estimée à 20 millions de livres libanaises. Les deux hommes ont été interrogés par le procureur général du Mont-Liban, M. Maurice Khawam, et ont avoué leur crime. Ils avaient empoché les bijoux en vue de quitter le Liban pour l'Europe, où ils avaient l'intention de vivre une belle vie. Le 17 avril, le troisième auteur, Hratch Assadour Nahabedian, a été arrêté par Interpol à l'aéroport de Larnaca à Chypre alors qu'il s'apprêtait lui-même à fuir vers l'Europe. Il a été extradé vers le Liban.

Les trois auteurs du massacre de Bourj Hammoud étaient frères. Ils travaillaient avec le propriétaire de la bijouterie, Hrant Kurkdjian, fabriquant des bijoux sur commande dans leur propre boutique. Les biens volés découverts lors de l'enquête dans l'appartement de Raffi Nahabedian, ainsi que les témoignages de voisins, ont prouvé que Panos, Raffi et Hratch Nahabedian avaient planifié l'attaque dans l'intention de vol. Ils ont clairement reconnu avoir abusé de la confiance de Hrant Kurkdjian et de ses ouvriers pour entrer facilement et sans méfiance dans la bijouterie par un portail électrique. Ils étaient très connus du propriétaire et des quatre autres victimes. Pas un instant, l'ouvrier qui a ouvert la porte n'a soupçonné qu'il laissait entrer ses propres assassins. Les trois frères ont reconnu avoir tué toutes les personnes présentes dans la bijouterie afin d'effacer toute preuve ou témoignage à leur encontre. Ils ne souhaitaient pas laisser derrière eux des témoins qui auraient pu les reconnaître. Hratch Nahabedian a personnellement admis avoir tiré sur les cinq personnes avec un revolver silencieux.

En 1987, avant que les trois frères ne soient condamnés, Panos, Raffi et Hratch Nahabedian ont réussi, dans des circonstances mystérieuses, à s'évader de la prison de Roumieh, où ils étaient détenus par la police depuis 1985. Depuis, leur trace était perdue..

Le 10 décembre 1994, la justice libanaise a condamné Panos, Raffi et Hratch Nahabedian par contumace à la peine de mort commuée par la loi de 84/91 en réclusion à perpétuité avec travaux forcés. Un mandat d'arrêt international a été lancé contre eux.

Les meurtriers ont été repérés 3 décennies plus tard à Vienne, en Autriche, par les familles des victimes.

Le dossier est rouvert.

Chronologie

  • Le Crime

    Vers 16h, La police retrouve les corps des 5 victimes dans une mare de sang à l'intérieur de la Middle East Diamond Company à Bourj Hammoud. Le crime a été commis vers 14h30.

    Des bijoux, de l'or et de l'argent liquide d'une valeur estimée à plus de 1,5 million de dollars ont été volés.

  • L'Arrestation

    Le nommé Boghos Mazbanian, l'oncle des frères Nahabedian et entre-temps le beau-père de Panos Nahabedian, appelle Robert Boghossian, le partenaire de Hrant Kurkdjian , et l'invite à une réunion urgente. Boghos Mazbanian et son fils Garbis Mazbanian accusent les frères Nahabedian d'assassinat et indiquent l'emplacement du butin. Ils s'attendent à être payés par Robert Boghossian pour ce service.

    Robert Boghossian informe la police et Raffi Nahabedian est arrêté la nuit même. Il dénonce à son tour où se cache Panos.

    Quelques heures plus tard, Panos est arrêté à Beyrouth-Ouest. Il arrive à un rendez-vous avec Raffi, le crâne rasé, évitant d'être reconnu par la police, mais au lieu de Raffi il trouve la Police qui l'attend.

    Le butin a été saisi à l'intérieur de l'appartement de Raffi et également dans l'appartement loué par Panos à Beyrouth Ouest.

  • Arrestation de Hratch

    Hratch est arrêté à Chypre par Interpol et extradé vers le Liban.

  • Arrestation de Robert Boghossian

    Les 3 criminels accusent Robert Boghossian, l'associé de Hrant Kurkdjian, d'être leur partenaire.

    Robert Boghossian est arrêté puis libéré sous caution.

  • L'Évasion de la prison de Roumyeh

    Les 3 meurtriers s'évadent de la prison de Roumieh. Le gouvernement (à l'époque sous la présidence d'Amine Gemayel), donne l'explication la plus ridicule et la plus irrespectueuse de l'évasion : "ils ont attaché les draps et se sont échappés par la fenêtre".

    Historiquement, la prison de Roumieh a des taux d'évasion très bas, seuls les bénéficiaires de la protection gouvernementale peuvent s'évader, indiquant un cas clair de corruption. De toute évidence, quelqu'un a été soudoyé avec une énorme somme d'argent.

    Les 3 criminels ont disparu depuis.

  • Fin de la guerre

    Fin de la guerre civile au Liban. Le parlement vote une loi d'amnistie, réduisant les peines pour les crimes commis avant...

  • Le verdict

    Les 3 frères sont condamnés par contumace à la peine de mort, réduite à la réclusion à perpétuité.

    Robert Boghossian est déclaré innocent.

  • Les criminels à Vienne

    Les criminels sont repérés à Vienne par un membre de la famille de la victime.

  • L'affaire à Vienne

    Les familles des victimes s'unissent, engagent un avocat à Vienne et présentent une demande d'extradition des meurtriers vers le Liban.

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DAYS WITHOUT JUSTICE