Le 28 mars 1985, un braquage à main armée d’une extrême violence s’est produit au siège de la « Middle East Diamond Company », situé dans le quartier de Bourj Hammoud, à Beyrouth.
Les assaillants ont abattu cinq personnes présentes dans la bijouterie et ont dérobé des bijoux dont la valeur était estimée à 20 millions de livres libanaises.
Les victimes étaient : Hrant Kurkdjian, propriétaire de la société, Hani Zammar, Maria Mikhayel, Khatoun Tekeyan et Avedik Boyadjian.
Quinze jours après le crime, les autorités ont arrêté deux suspects : Raffi Nahabedian et Panos Nahabedian. Le butin a été retrouvé dans l’appartement de Raffi Nahabedian, comprenant :
3 172 grammes d’or 18 carats, 495 grammes de diamants, 3 244 dollars américains et des pierres précieuses d’une valeur estimée à 700 000 dollars.
Interrogés par le procureur du Mont-Liban, Maurice Khawam, les deux hommes ont avoué leur participation. Leur intention était de quitter le Liban pour l’Europe après le vol.
Le 17 avril 1985, un troisième complice, Hratch Nahabedian, a été arrêté par Interpol à l’aéroport de Larnaca (Chypre) avant d’être extradé vers le Liban.
Les trois suspects, frères, connaissaient parfaitement les lieux et les victimes. Ils avaient auparavant travaillé avec Hrant Kurkdjian.
L’enquête a établi que l’attaque avait été soigneusement planifiée dans le but de commettre un vol. Les agresseurs sont entrés dans la bijouterie sans éveiller de soupçons, avant de tuer toutes les personnes présentes afin d’éliminer tout témoin.
Procès et évasion
Fin avril 1985, l’affaire a été transférée au tribunal militaire libanais, l’un des accusés étant un soldat de l’armée.
En 1988, avant le prononcé du jugement, les trois frères se sont évadés de la prison de Roumieh dans des circonstances restées inexpliquées.
Le 10 décembre 1994, ils ont été condamnés par contumace à la peine de mort, commuée en réclusion à perpétuité avec travaux forcés, conformément à la législation en vigueur.
Un mandat d’arrêt international a été émis par Interpol.
Cavale de plusieurs années
Plus de trente ans plus tard, le 1er décembre 2019, le quotidien espagnol El Mundo a révélé le dénouement de l’affaire.
Les trois fugitifs vivaient sous de fausses identités à Vienne, en Autriche, où ils dirigeaient une bijouterie nommée « Mazbani », située rue Führichgasse. Ils avaient obtenu la nationalité autrichienne.
- Raffi Nahabedian est décédé le 12 décembre 2012 sous le nom de Haroutyoun Dayan.
- Panos Nahabedian est entré en Autriche avec l’identité de sa belle-sœur “Asdghik Mazbanian”, avant de fonder la bijouterie « Mazbani », fréquentée par une clientèle prestigieuse, incluant notamment des artistes internationaux et des membres de l’Opéra de Vienne. Il changea son nom pour devenir “George Mazbanian”.
- Hratch Nahabedian vivait sous le nom de Hamayak Sermakanian.
Dans les années 1990, les trois hommes ont fait venir leurs familles à Vienne, où elles ont vécu pendant des décennies sous de nouvelles identités sans éveiller de soupçons.
Les familles des victimes ont découvert la verité et ont immédiatement informé les autorités compétentes.
